Dans l’ombre des forêts bavaroises, au cœur du Saint-Empire romain germanique, vivait Walpurga Hausmännin, une sage-femme réputée pour ses soins efficaces et ses pratiques anciennes. Mais en 1587, cette femme de savoir devient l’ennemie de l’ordre religieux, et son nom sera gravé dans l’histoire comme l’une des plus terrifiantes victimes des procès en sorcellerie.
Une femme de savoir… et de soupçons
Walpurga exerçait comme sage-femme à Dillingen, dans l’actuelle Bavière. À une époque où la mortalité infantile était élevée, chaque naissance réussie faisait sa renommée… mais aussi naître des jalousies. Une femme seule, intelligente, indépendante, et entourée de rituels, devient vite suspecte.
Un jour, une série de morts inexpliquées parmi des nourrissons fait naître la rumeur. Des accusations montent : elle parlerait au Diable, préparerait des onguents avec des restes humains, participerait à des sabbats.
Une confession arrachée par la terreur
Walpurga est arrêtée. Comme tant d’autres femmes, elle est torturée jusqu’à ce qu’elle avoue. On lui fait dire qu’elle a pactisé avec le Diable depuis 19 ans, qu’elle a tué 40 enfants et provoqué des fausses couches par sorcellerie. Elle parle de bals nocturnes, d’esprits malins, de pactes écrits avec son sang.
Mais tout cela est un théâtre sanglant monté pour effrayer le peuple et assoir le pouvoir religieux.
Une exécution publique
En 1587, Walpurga Hausmännin est brûlée vive sur la place publique, après avoir subi la torture et l’humiliation. Sa mort, atroce, est présentée comme une victoire de la foi. Mais dans les mémoires occultes, elle devient l’un des symboles les plus puissants de la répression des femmes guérisseuses.
Un esprit qui veille dans les flammes
Aujourd’hui, Walpurga est une figure méconnue du grand public, mais vénérée dans les cercles ésotériques. Son nom résonne avec celui de la nuit de Walpurgis, cette fête païenne célébrée à la fin d’avril, durant laquelle les sorcières dansent dans les clairières et les souvenirs anciens reprennent vie.
Lors du Sabbat des Sorcières, l’histoire de Walpurga Hausmännin nous rappelle que les flammes qui l’ont consumée n’ont jamais pu éteindre la lumière de son savoir.