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Date de l'évenement

25 juillet (sam.) : 10h–21h00 | 26 juillet (dim.) : 10h–18h

Naissance dans les Brumes du Haut-Languedoc

Ysabeau de Montfaucon vit le jour à la fin du XVIᵉ siècle, dans un hameau isolé niché entre les reliefs boisés du Haut-Languedoc. Fille d’un herboriste itinérant et d’une mère guérisseuse, elle grandit au rythme des saisons, des cueillettes nocturnes et des savoirs transmis à voix basse. Très tôt, elle montra une sensibilité singulière aux plantes, mais aussi aux lieux. On racontait qu’elle ressentait les sources souterraines sous ses pas et qu’elle savait, d’un simple toucher, quelles racines pouvaient sauver… ou condamner.

À la mort de ses parents, Ysabeau hérita de leur masure bâtie près d’une source ferrugineuse, déjà entourée de superstitions anciennes.


La Guérisseuse des Causes Perdues

Devenue veuve à son tour après quelques années de mariage, Ysabeau reprit seule l’activité d’herboristerie. Elle soignait les fièvres, aidait aux accouchements, calmait les douleurs que ni prêtres ni médecins ne parvenaient à soulager. Sa réputation dépassa bientôt Montfaucon.

Mais ses méthodes troublaient.

Elle travaillait de nuit, murmurait en préparant ses onguents, et utilisait des plantes que l’Église associait aux arts interdits : jusquiame, datura, armoise noire. Malgré les guérisons, la méfiance grandissait. Car en ces temps de peur religieuse, une femme qui guérissait trop bien devenait vite suspecte.


Les Murmures de la Source Rouge

L’hiver 1613 marqua le basculement. Le froid ravagea les cultures, le bétail mourut sans cause visible, et plusieurs enfants tombèrent malades malgré les soins d’Ysabeau.

C’est alors que naquirent les rumeurs.

Des villageois affirmèrent l’avoir vue parler seule près de la source, au clair de lune. D’autres jurèrent apercevoir des silhouettes derrière elle, comme des ombres dressées dans la brume. L’eau elle-même semblait changer, prenant certains soirs une teinte rougeâtre due au fer… mais interprétée comme un signe maléfique.

La peur transforma les murmures en accusations.


L’Arrestation et le Procès

Au printemps 1614, Ysabeau fut arrêtée par ordre ecclésiastique. Sa maison fut fouillée, révélant fioles, ossements d’animaux servant à ses remèdes, et un manuscrit d’herboristerie codé que les juges prirent pour un grimoire démoniaque.

Durant son procès, on l’accusa d’avoir pactisé avec les esprits de la source, d’envoyer les maladies pour mieux asseoir son pouvoir, et d’être accompagnée de familiers ailés — les corbeaux qui nichaient sur son toit.

Sous la torture, elle ne confessa jamais le Diable.

Elle déclara seulement :

« Je soigne avec ce que la terre accepte de me confier. »

Mais l’issue était déjà scellée.


Le Bûcher de Montfaucon

La sentence tomba : elle serait brûlée vive près de la source, lieu supposé de ses pactes nocturnes.

Le jour de l’exécution, plusieurs témoins rapportèrent des phénomènes troublants. Les corbeaux tournoyaient sans croasser. Le vent s’était levé puis brusquement éteint. Et lorsque les flammes gagnèrent le bûcher, l’eau de la source parut s’assombrir.

Ysabeau ne cria pas.

Elle fixa la foule en silence, avec une expression que certains décrivirent comme… compatissante.


La Disparition du Village

Après sa mort, Montfaucon entra dans une lente agonie.

Les récoltes échouèrent plusieurs années de suite. Les naissances devinrent rares. Des habitants prétendirent entendre des murmures près de la source, surtout les nuits sans lune.

En moins d’un demi-siècle, le hameau fut abandonné.

La forêt reprit ses droits, ensevelissant ruines et mémoires.


La Légende Persistante

Aujourd’hui encore, les rares randonneurs évoquent une présence autour des vestiges supposés de Montfaucon. Certains parlent d’une eau sombre, d’autres d’ombres immobiles entre les arbres.

La légende raconte qu’Ysabeau n’aurait jamais quitté les lieux.

Elle continuerait de soigner ceux qui s’égarent… à condition qu’ils acceptent d’écouter les murmures de la source.

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